Navarre : les Amis d’Arnaga au palais royal d’Olite

 

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Samedi dernier, les Amis d’Arnaga avec leur président Christian Perret ont entrepris une belle une ballade en Navarre sous la conduite d’Alexandre de La Cerda.

Située sur les deux versants de l'extrémité occidentale de la chaîne pyrénéenne au Nord de l'Espagne, l’ancien royaume basque de Navarre avait été annexé par la Castille au XVIe siècle. A quelques 130 km de la côte basque, le car qui conduisit le groupe d’Arnaga s’engagea dans un paysage navarrais qui prit progressivement des allures plus « méditerranéennes », avec des oliviers.

En haut de l’éperon rocheux portant le village fortifié d’Uxue (Ujué) chapeauté par l’église de Santa Maria, cette belle église médiévale à double remparts, témoigne des premières  défensives face à l’invasion musulmane. D’après la légende, un berger intrigué par le manège d’une colombe (uxua en langue basque) autour d’un rocher découvrit une statue de la Vierge en s’approchant du massif. Les habitants décidèrent d’édifier à cette place l’église de Santa Maria qui abrite depuis la précieuse statue de la vierge du même nom sculptée dans du bois vers 1190.

Après quelques coursives et une descente « périlleuse », le car s’achemina vers Olite (3 915 habitants aujourd’hui), une ville qui accueillit la cour des Rois de Navarre jusqu'à l’annexion à la Castille (1512).
Au cœur de la cité, sur les vestiges de l’ancienne « praesidium » romain d’Oligitum (origine du nom de la ville en latin), trône le palais. Fleuron de l’architecture médiévale navarraise, sa structure date du XIIIème siècle. Entre 1402 et 1424, le palais fut reconstruit sous forme d’un « château à la française » par le roi Charles III le Noble (1387-1425), comte d'Évreux puis duc de Nemours, fils de Jeanne de Valois et de Charles le Mauvais, issu de la maison d'Évreux, puis maison d'Évreux-Navarre, une branche cadette de la dynastie capétienne. 
Parmi les nombreux artisans et architectes qui ont contribué à édifier le Palais, on peut citer le maître d’œuvre- architecte Janin Lomme de Tournay. Ce dernier mena une équipe de maçons originaires de diverses régions de France (Johan de Lisla, Michel et Collin de Reims, Anequin de Sorça, Vicent Huyart, Johan de la Garnia et Johan de Bourgogne).
A son apogée, ce palais-château  fut l’un des plus admiré d’Europe.Parmi ses nombreuses tours, celle des "quatre vents" permettait à la cour de se rafraîchir l'été. L’eau y était acheminée par des tuyaux en plomb. A l’époque de sa construction, son intérieur était décoré luxueusement de tapisseries, candélabres, bougeoirs, vaisselle d’or et d’argent…Il disposait d’un petit zoo avec des lions, écureuils, oiseaux exotiques, voire même une girafe. Grand amateur d’arbres, le roi Charles III aurait, d’après la légende, planté un mûrier dont  seule une branche rescapée se déploie aujourd’hui pour former un bel arbre.

Avec son épouse Eléonore de Trastamara, fille du roi Henri II de Castille, il appréciait la quiétude de leurs jardins intérieurs qu’ils aménagèrent avec des arbres fruitiers et des fleurs exotiques.
L’embellie de ce palais ne dura pas avec ses descendants. À la suite de l'invasion castillane de la Navarre au XVIème siècle, le palais fut laissé plus ou moins à l'abandon et se détériora progressivement. Par la suite, incendié en 1813 par les troupes espagnoles afin de retarder l’avancée des troupes napoléoniennes, il fut  abandonné.
A partir de 937, le palais avec sa petite chapelle de Saint-Georges fut entièrement reconstruit par l’architecte navarrais José Yarnoz qui réalisa une véritable prouesse comme en son temps un Viollet-Le-Duc et il attire maintenant de nombreux visiteurs.

Transformée en partie en parador avec restaurant,  la demeure accueille dans un cadre royal de nombreux hôtes, dont les amis d’Arnaga qui y dégustèrent pour le déjeuner les fameux petits artichauts et légumes navarrais ainsi que le traditionnel agneau « Chilindron » accompagné du vin rouge velouté d’Olite aux cépages du terroir : « tempranillo, grenache, cabernet et merlot, et un exquis gâteau – style « bavarois » - au fromage blanc.
Après ce succulent repas, les amis déambulèrent à leur guise dans les rues de la ville où certains s’attardèrent pour voir une petite exposition sur les costumes médiévaux… D’autres visitèrent l’église gothique de Santa María la Real qui se distingue par une magnifique façade au porche du XIVème siècle sculpté des douze apôtres et à l’intérieur, un très beau retable du XVIème siècle peint par Pedro de Aponte.

Une visite qui laisse un goût de revenez-y !

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Anne de Miller La Cerda